Désencombrer sa bibliothèque



Les livres ont toujours été mes objets préférés. Rien ne me transporte plus qu'une bonne histoire et quelques mots bien maniés quand j'ai envie de me détendre, de me changer les idées ou juste de passer le temps. Lorsque j'ai commencé à désencombrer mon intérieur, je me souviens m'être dit que je ferais une exception pour la bibliothèque. J'aimais trop mes livres pour m'en séparer, elle me rendait trop fière pour la démanteler. Et puis l'idée a fait son chemin et j'ai fini par aspirer à autre chose que 3 étagères Billy croulant littéralement sous les bouquins. J'avais envie de m'entourer d'objets de qualité (spirituelle dans le cas des livres) et je me suis mise à faire le tri.

La partie de moi folle de l'épure et de la qualité d'environnement que procure le presque-vide rêvait d'une quinzaine de romans posés sur une étagère immaculée. L'autre, qui a besoin d'avoir ses histoires préférées sous la main, m'a clairement fait comprendre que ce ne serait jamais le cas. Au final, il m'a fallu plus d'un an pour trouver mon équilibre entre ces deux penchants et je commence à être satisfaite du résultat. Je trouve que concilier minimalisme et amour des livres n'est pas chose facile (je suis d'ailleurs encore en train de tâtonner) alors j'avais envie de partager avec vous mon expérience et quelques conseils modestes sur tout ça.

Pourquoi j'accumulais les livres 
Même avec l'envie de faire le tri dans ma bibliothèque, ce ne fut pas facile et je me suis heurtée à divers a priori et facettes de la chose auxquels je n'aurais pas pensés sans faire le tri. Mon désir d'essentiel et de simplicité dans mon intérieur comme dans ma tête faisant son chemin, j'ai fini par contourner toutes ces "mauvaises" raisons qui faisaient que j'accumulais des bouquins.
  • un livre, c'est sacré  ̶  de par mon amour de la lecture et mes études presque exclusivement littéraires, j'ai toujours considéré le livre comme un objet très particulier. Je les malmène au grès de mes lectures, pages griffonnées, couvertures cornées - un livre, ça vit ; le fait restait qu'un livre "c'est sacré et ça ne se jette pas". Mais au fond, combien de livres en ma possession m'apportaient vraiment quelque chose que je pouvais apparenter au sacré ? A l'exaltation, à un confortable bien-être, à une évasion profonde et sincère ? Clairement pas tous ceux que je possédais.
  • souvenirs de lectures  ̶  il y a énormément de livres que je gardais alors que je n'allais sans doute pas les ouvrir une nouvelle fois. Ils trônaient dans mes étagères pour le souvenir, marqueurs de bonnes (ou mauvaises) lectures. A cela, on peut se demander si on a vraiment besoin de se souvenir de toutes ses lectures - après tout, si un livre vaut le coup on s'en souvient, non? On peut aussi se lancer dans un carnet de lecture. Pour ma part et depuis peu, c'est ce que je fais maladroitement sur mon compte instagram avec le #mattbookclub.
  • les livres pas encore lus ̶  je crois que c'est une récurrence dans nos bibliothèques, ces livres achetés sur un coup de tête parce qu'on était dans notre période littérature russe / roman de Jack London / histoires de vampires (rayer la mention inutile). Je me suis finalement rendue à l'évidence : plusieurs de ces livres ne m’intéressaient plus vraiment. Et si l'envie me reprend de lire La Divine Comédie ou l'intégrale de Dostoïevski (je le ferais un jour) j'irai les emprunter à la bibliothèque.
  •  mais ce sont des classiques / mais mes enfants les liront plus tard  ̶  enfant je n'ai jamais ouvert les livres de ma mère, guère séduite par leurs pages jaunies et l'odeur de renfermé. Et peut-être que mon hypothétique descendance préféra lire Ovide sur tablette, assis sur un hoverboard ? Alors les seuls classiques et romans-jeunesse que j'ai gardés sont ceux qui me font vibrer.
  • parce ce qu'une super bibliothèque, ça fait bien ̶  c'est là où le bas blesse, pas vrai ? Aussi loin que je me souvienne (ou presque) j'ai toujours eu des compliments sur ma bibliothèque, "impressionnante", "très complète" etc... Et moi, j'étais fière. Mais au fait, ma bibli, elle est pour moi ou pour passer pour une intellectuelle en société ?

Comment trier
A ce que j'en ai compris (je n'ai lu aucun de ces livres) la papesse du rangement Marie Kondo dit que la meilleure façon de savoir si un objet a une place chez nous est de s'interroger sur la joie qu'il nous apporte. Je trouve que c'est une très bonne technique de tri, surtout dans les cas des livres. De la joie et de l'utile, voilà ce que doit contenir une bibliothèque minimaliste d'après moi. 

En partant de là, je n'ai conservé que trois types d'ouvrages dans ma bibliothèque.
  • les livres que j'adore ou très utiles : les romans et essais que je relirai pour sûr, quelques magazines, livres de cuisine et livres théoriques que j'ouvre souvent.
  • les livres qui ont une valeur sentimentale extérieure à leur contenu : des livres dédicacés dont les quelques mots sur la page de garde compte bien plus pour moi que l'histoire qu'ils abritent.
  • les livres que je n'ai pas encore lus et que je compte lire très prochainement. Il est probable que je m'en sépare une fois lus s'ils ne me marquent pas de façon particulière.
 Je parle avec mon expérience (une fille de 25 ans sans enfant). Si un point de vue de minimaliste et de lecteur avec enfant vous intéresse, je vous renvoie à un post-instagram de Claudia au sujet des livres, des enfants et de l'éducation livresque que j'avais trouvé pertinent (comme tout ce qu'elle écrit en fait). 

Que faire des livres dont on souhaite se séparer ?  
J'en ai donné beaucoup à des amis intéressés. On peut aussi les vendre lorsqu'ils sont en bon état et bien côtés. A Paris, je vais à la bourse aux livres de Gibert Jeune et de Gibert Jospeh ou voir le libraire de la Cartouche près de chez moi. On peut également faire un don à une association ou à une bibliothèque. Ces dernières ne prennent généralement que ceux en excellent état. Enfin, il y a l'idée du bookcrossing, que je trouve super sympa bien que je n'aie jamais tenté l'expérience ! 

Mes nouvelles habitudes
J'ai sans cesse de nouvelles envies de lecture suite au visionnage d'un film, à la lecture d'un billet de blog ou sur les conseils d'amis. En même temps, je dois avoir une quinzaine de livres "à lire" que je possède déjà et qui attendent d'être ouverts, parfois depuis plusieurs années. Je jongle entre les deux mais m'efforce tout de même de privilégier ces derniers. Sinon c'est que je n'en ai pas vraiment envie et qu'ils n'ont pas vraiment leur place chez moi.

Quand j'ai envie de lire un livre que je ne possède pas, plusieurs possibilités s'offrent à moi : 
  • l'emprunter à la bibliothèque ou à un proche qui le possède. Cela me permet de le lire sans l'acheter ni encombrer mon intérieur. Cela me permet aussi de me faire un avis plus approfondi sur l'ouvrage avant de l'acquérir.
  • l'acheter en version numérique. A condition d'être un adepte de la lecture sur tablette, c'est parfait quand le livre ne se trouve pas en bibliothèque. Cela ne prend pas de place, c'est économique et même parfois gratuit, grâce au projet Gutenberg par exemple qui propose un grand nombre de classiques tombés dans le domaine public.
  • l'acheter en version papier quand je suis sûre de mon choix parce que j'ai longuement feuilleté le livre en question en librairie ou que je l'ai emprunté avant et que je sais qu'il va être ouvert souvent. Il m'est arrivé de craquer sans aucune réflexion au préalable pour quelques romans car j'avais envie d'avoir le plaisir du papier pour ces histoires-là et que mon coté fan-girl s'exprimait. J'ai toujours la possibilité de les revendre une fois lus mais généralement je les ai gardés.

Le cas des journaux, des magazines et des guides de voyages
Je ne lis plus trop de magazines (petite allergie à la publicité) mais si c'était le cas, je me tournerais sans doute vers des abonnements en ligne qui permettent de ne pas encombrer son intérieur + d'économiser un papier souvent épais et glacé. Le seul journal qui trouve grâce à mes yeux au format papier c'est le Monde Diplo que je ne me vois pas lire sur tablette. Quant aux magazines que je possédais déjà, je n'ai gardé que ceux qui me servaient souvent (des magazines de cuisine). 

Pour les guides de voyages, c'est en négociation. J'aimerais arrêter d'en acheter. Je les trouve assez inutiles dans le sens où ils ne servent qu'une semaine ou deux et que leurs bonnes adresses et informations se retrouvent passées au bout de quelques années + je dégote tout ce qu'il nous faut sur internet. Benjamin, avec qui je partage la vie et une bibliothèque, voudrait qu'on continue à en acheter, pour les cartes qu'ils contiennent et les informations de dernière minute lorsque nous sommes loin de toute connexion internet. Il n'a pas tord. Peut-être que le compromis serait d'en emprunter en bibliothèque avant de partir ? 

 *

A l'heure où je finis d'écrire ce billet, ma bibliothèque est loin de ne contenir qu'une quinzaine de livres. C'est plutôt 100 ouvrages, sans compter les nombreux livres d'Histoire et quelques romans de Ben. Mais elle évoluera encore et surtout, elle me satisfait pleinement. Ces cent bouquins me mettent en joie ou sont ouverts souvent et c'est exactement ce que je voulais. Ce fut une affaire complexe de trier tous mes livres et de porter un regard nouveau sur "la bibliothèque de mes rêves" alors je serai très curieuse d'avoir votre avis sur la question : Quelle relation entretenez-vous avec vos livres ? Vous en séparez-vous facilement ? Sur quels critères les achetez-vous ?

Mathilde

18 commentaires:

  1. Coucou !
    Tout comme toi je vois ma bibliothèque comme sacré, et les livres comme essentiels, aussi beaux qu'utiles et sentimentaux. Je ne sais si, comme toi, j'arriverais à m'en séparer.
    En tout cas ton article fait tout de même réfléchir :)
    Bonne soirée

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  2. J'ai l'impression que la bibliothèque pose problème à beaucoup de gens attirés par le minimalisme. j'y ai moi-même beaucoup réfléchi (je me considère comme une serial-lectrice, j'achète et je lis énormément de livres). J'en suis arrivée à la conclusion que je ne peux pas, et ne veux pas toucher à ma bibliothèque.

    Je suis incapable de me séparer d'un livre qui m'a émotionnellement touchée. Même un livre qui m'a mise hors de moi, je ne peux pas me résoudre à m'en débarrasser. A mes yeux, ce sont les véhicules de sentiments et d'émotions : sortir un livre qui m'a fait ressentir quelque chose porte une valeur toute particulière à mes yeux. Le sortir de ma bibliothèque m'est tout simplement inconcevable. En plus de ça, j'aime beaucoup reprendre un livre et relire quelques passages qui m'ont plu (j'ai une excellente mémoire en ce qui concerne les livres que je lis, et je sais souvent retrouver ces passages clés).

    Par contre, je n'ai aucun scrupule à donner des livres qui ne m'ont pas plu du tout, ou des livres que j'ai mais que je ne lirai pas. Des livres avec lesquels je n'ai aucune connexion émotionnelle. Ça m'est arrivé plusieurs fois d'acheter un livre et de finir par le donner quelques mois plus tard (pour ma défense, ce sont des livres achetés en Charity Shop, pour quelques centimes !).

    Je crois que mon problème, c'est que le livre-objet m'est sacré. Mes livres, ce sont mes plus belles possessions. Ma bibliothèque, c'est un peu mon âme. Elle fait ma fierté personnelle mais pas pour les autres, juste pour moi. Il est d'ailleurs rare que je montre aux gens cette petite collection personnelle.

    Bref, j'admire la manière dont tu as pu faire le tri, moi j'en suis incapable (et je n'en ai même pas envie). Et désolée pour le pavé qui me fait passer pour une vieille folle (j'assume !). xx :)

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    1. Oui, je pense que c'est justement parce que le livre est un objet particulier, véhicule de sentiment et d'émotion comme tu le dis si joliment, qu'il pose "tant de problèmes" aux aspirants-minimalistes !

      Après je pense que même une bibliothèque bien garnie peut être "minimaliste" si elle ne contient que des livres qui nous sont chers ! :)

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  3. J'aime beaucoup ton article, je vais m'en inspirer pour trier mes livres. Ils sont tous en cartons pour le moment mais j'ai envie de vraiment m'y mettre et de garder que ceux que j'aime vraiment, on va voir ce que ça donne :D

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  4. Moi aussi j'ai fait un grand vide l'an passé et je continue parfois petit à petit !
    Surtout j'évite d'acheter et j'emprunte à la médiathèque qui est bien fournie.
    J'ai testé troczone.com pour les trocs de livres, les associations de réinsertion qui m'ont pris des cartons entiers et aussi gibert !! très pratique leur appli !

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    1. Gibert, c'est la vie ! Je ne connaissais pas du tout Troczone, j'aime beaucoup l'idée. J'emprunte beaucoup aussi (amis ou bibliothèque) c'est le meilleur réflexe je trouve !

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  5. C'est article tombe à pic! Avec mon mari on ne souhaite pas acheter une nouvelle billy et avec la passion des comics de mon mari, la mienne pour les livres de cuisine et les livres de ma fille, on va devoir s'y mettre! Il n'y a plus de place! Il faut désencombrer! Début cette semaine! Merci pour l'article, ca donne des pistes pour le tri!

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    1. Ah les fameuses Billy :) Je suis ravie que l'article t'ai aidé !

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  6. C'est marrant que tu parles de ça car nous sommes en plein tri !
    J'ai tendance à garder des livres "pour mes enfants que je n'ai pas encore" (lol). Cela dit, ce que j'ai gardé 20 ans peut bien en attendre 10 de plus ;-) (je pense au Journal de Mickey)
    Nous avons fait des cartons pour Gibert et Momox récemment, environ 5 envois. Il reste du boulot mais c'est satisfaisant d'avancer !
    J'essaie d'emprunter de plus en plus à la biblio, y compris des guides de voyage...
    Bonne journée ^^

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  7. Quel plaisir de lire ton article et de me sentir "moins seule" :D
    J’entretenais une relation "amour/haine" avec ma bibliothèque, exactement pour les mêmes raisons que tu as citées.
    Après plus de deux ans à me questionner sur quels livres garder, donner.. Ma bibliothèque est bien plus épurée qu'avant, et moi (qui m'étais jurée de ne jamais le faire) je suis passée au Ebook, et quel bonheur !!
    Bonne continuation dans ta quête de la bibliothèque de tes rêves :D

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    1. Mais oui, j'étais vraiment dans le conflit avec mes livres à un moment, j'avais l'impression d'être folle, haha !
      Je suis aussi passé à l'Ebook et en effet (je n'y croyais pas non plus!) c'est top ! Merci pour ton commentaire Patricia !

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  8. J'aime beaucoup ton article, c'est une réflexion très intéressante ! Comme toi, j'ai une grande bibliothèque... et comme toi, je vois les livres comme des objets "sacrés", à part. Je me souviens de mon dernier déménagement, où après avoir porté des cartons et des cartons de livres, une de mes copines m'a demandé très sérieusement "mais pourquoi tu les gardes après les avoir lus ?". Je n'ai pas su quoi répondre, ça me semble une évidence, on ne jette pas un livre ! J'ai beaucoup beaucoup de livres d'art, et là clairement je les aime tous d'amour. Je les garde précieusement, j'aime les exposer chez moi, je rêve d'une "belle" bibliothèque pour les mettre en valeur. Là où ma réflexion a évolué, c'est sur les romans. J'en ai beaucoup, mais j'évite au maximum d'en acheter. Car clairement, la plupart du temps, je ne les relirais jamais, et ça prend une place que je n'ai tout simplement pas. J'emprunte donc beaucoup, et quand vraiment un livre me tente trop désormais je l'achète en ebook. Je pense avoir trouvé un compromis qui me va pas trop trop mal... à voir sur la durée !

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  9. J'ai justement publié un article sur le minimalisme, les livres et l'environnement sur mon blog récemment. Décidément, c'est un sujet qui laisse mitigé le minimalisme et nos bibliothèques. Ton billet me donne envie de me départir de quelques titres supplémentaires, mais à la fois, je suis réticente face à l'idée. Mon approche à moi pour l'instant, c'est de plutôt que de m'en débarrasser de beaucoup, c'est d'en acquérir beaucoup moins.

    Bonne continuation,

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    1. J'ai été lire ton article du coup, et il est vraiment très chouette. J'aime beaucoup l'aspect environnemental que tu donnes à la chose et je suis 100% d'accord avec ta conclusion !

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  10. Bonjour Mathilde,

    Comme toi (et comme d'autres vu les commentaires), j'ai conscience que ma bibliothèque est trop pleine. Je me suis beaucoup centrée sur comment m'y prendre pour trier mais moins sur les raisons en écrivant ton article. Lire celui-ci me fait prendre conscience que j'ai (eu ?) peu ou prou les mêmes raisons, avec en plus le "mais si une nuit à deux heures du matin j'ai une folle envie de le lire, hein ?".
    J'essaie de vider petit à petit ma bibliothèque et d'élaborer un système de pastilles pour ne conserver que les livres qui comptent le plus, quitte à échelonner le tri. J'aime beaucoup l'idée d'un carnet de lecture, il faut que je me penche là-dessus !

    Merci pour cet article très utile


    Adèle

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    1. "mais si une nuit à deux heures du matin j'ai une folle envie de le lire, hein ?" Haha, je te comprends !

      Yep, je pense que c'est super important d’échelonner le tri. On identifie rarement ce qui nous est essentiel aux premiers coup d’œil !

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  11. Chère Mathilde,

    A certains moments de ma vie, j'ai eu envie de désencombrer ma vie, et je suis passé aux actes.

    Imaginez-vous, que plus tard, à d'autres moments de ma vie, j'ai regretté amèrement d'avoir donné ou vendu tel ou tel livre, aujourd'hui introuvable…

    J'ai été stupéfait en jetant un regard par-dessus mon épaule, de constater combien de fois j'ai fait un virage de 180 degrés dans mon style de vie, dans mes opinions, mes convictions et mes goûts, alors qu'à 26 ans, je me croyais une personne achevée…

    La vie nous réserve de grandes surprises…

    Merci pour le blog intéressant,
    Ignace

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